Un peu d'histoire...
La pelote basque est un sport pluri-centenaire. Son histoire fut jalonnée de rebondissements historiques et de figures emblématiques.
Nous vous proposons un bref aperçu de cette longue histoire...
Les basques ont-ils inventé les jeux de pelote ?
Cette question complexe, obscure, reste encore enveloppée des voiles du mystère. Une chose reste, cependant certaine, ce geste qui consiste à lancer et à renvoyer un objet sphérique est instinctif à l'homme.
Ce geste remonterait donc aux premiers âges de la préhistoire, et chaque peuple, suivant ses qualités athlétiques en aurait réglementé l'ordonnance et les lois.
Dès l'Antiquité, les Grecs s'adonnèrent à la phoenida Jeux de dupes, l'apporharis (avec utilisation indirecte d'un mur) puis à la sphéristique.
Les Romains, quant à eux, s'illustrèrent au follis, à la harpaste puis à la pila (étymologie qui donna naissance au mot "Pilota" , pelote en euskara).
L'Asie Mineure Iles Perses jouaient à la chigan , certaines civilisations indo-américaines pratiquèrent certaines formes de jeu de balles comme le "pilimatum" chilien.
Peu importe donc que la pelote ait quelque parenté avec la "sphéristique" des grecs ou la "pila" des romains, ce qu'il y a de certain, c'est que le peuple basque éminemment traditionnaliste et conservateur, s'est merveilleusement adapté à tous les jeux de balles et qu'il les a apportés à un haut degré de perfection, tandis qu'ils disparaissaient dans presque tous les pays.
L'EVOLUTION DE LA PELOTE BASQUE.
Les premiers témoignages sur la pelote basque font état de deux formes pratiquées issues de la longue paume : le Sorhopila ou le botaluze disputés sur des aires de jeu suffisamment plates d'une cinquantaine ce mètres de large. Ces jeux directs consistaient à se renvoyer une pelote de laine et coton recouverte de cuir, avec la main d'un camp à l'autre de part et d'autre d'une ligne médiane. Avec le gant de cuir, on passera du botaluze au laxoa, avec des règles semblables.
L'introduction du latex en Europe , vers 1800, par la Condamine, la vulgarisation du caoutchouc qui s'en EST suivie donna lieu vers 1850 à une véritable révolution dans la fabrication du matériel (consistance des balles). ce qui provoqua un facteur non négligeable de l'évolution du sport, (tennis, cyclisme... et pelote basque..
La fabrication de nouvelles balles dites "ravageuses" par l'attrait suscité de par leur élasticité et résistance provoqua :
- L'évolution du laxoa (1830 - 1860) qui céda la place au rebot et avec l'élévation d'un mur sur une des extrémités de jeu. La naissance d'un nouveau jeu, qui se répandit au détriment même du rebot :
le BlAlD, jeu indirect contre un mur. Ce fut la naissance de la pelote basque
LA PELOTE BASQUE AUJ0URD'HUI.
Si le lawn tennis est le report sur gazon par le Major WINGFIELD en 1874 du jeu de paume dans sa dernière expression, s'il a depuis bénéficié d'un retentissement international, si de surcroît, il se répand aujourd'hui dans toutes les couches sociales et devient de ce fait, de moins en moins élitaire, la raison fondamentale en est son uniformité, son unicité sous tous les cieux (jeu direct, à la longue uniquement, même procédé de comptage par jeu et par set, même balle pneumatique, même raquette, même dimension de terrain, même hauteur de filer, mêmes règles). La seule différence qu'on puisse noter de pays en pays est celle de la nature du sol. Terre battue en Europe continentale, gazon en Angleterre, revêtement .synthétique en Amérique.
La pelote basque aussi est en filiation directe du jeu de paume mais dans sa première expression (sa forme originelle, la main nue exclusivement pratiquée jusqu'à la fin du XVe siècle). .
Techniquement, elle n'a rien à envier au tennis, bien au contraire, et pourtant elle fut longtemps quasiment rivée au Pays Basque dans ses deux versants. Les timides rejets dont elle bénéficie en Argentine, Chili, Uruguay, U.S.A.. Paris étant imputables à la diaspora basque. Heureusement des hommes forcèrent l'évolution des choses de la pelote et ce sport, depuis une vingtaine cl'années, "s'exporte bien". Cependant, la modestie de son expansion (minime par rapport à son cousin germain le tennis) peut être imputable à son multiformisme dans la pratique actuelle.
Bombin FERNANDEZ et URRUTIA (Ils relatent que la moindre tentative de définition de la pelote basque est introuvlable dans les règlements officiels rédigés par les fédérations internationales ou nationales.
Jules FOURNIER quant à lui, bien que se heurtant lui aussi à la difficulté majeure de concilier définition et multiplicité dans les jeux, parle pour la pelote basque " d'adaptation par les basques et pour leur propre usage d'un des jeux les plus anciennement connus : le JEU de PAUME ".
FERNANDEZ et URRUTIA, dans leur " encyclopédie sur la Pelote Basque " débouchent quant à eux sur la formule suivante : " Le nom générique de pelote et pelote basque recouvre la conjonction des rivalités créées et pratiquées par les basques avec l'utilisation d'une pelote recouverte de cuir, de volume et de poids variables selon les modalités et employés selon les cas, soit à main nue, soit avec des instruments de différentes natures, modalités appliquées sur des terrains plus ou moins étendus, pourvus ou non de murs frontaux ou latéraux et où s'affronte un nombre variable de joueurs qui se renvoient alternativement la pelote ou bien directement ou bien en la faisant rebondir préalablement contre un fronton ", II en résulte que la pelote basque telle qu'elle se pratique aujourd'hui se répartit en 22 spécialités différentes. Toutes ces spécialités ont chacune leurs propres règles, mais toutes obéissent à un ensemble de règles générales issues de la tradition euskarienne la plus ancienne.
L'inexistence de principe directeur, tant chez les instances dirigeantes passées et chez certains auteurs pourrait paraître si désolante que l'investigateur en arrive à se demander si les basques savent vraiment à quoi ils jouent ! D'autant plus que certains clichés sont venus renforcer cette image quelque peu déconcertante d'un sport synonyme de jeu" indigène". Des anecdotes ou histoires en tout genre ont, durant des décennies, contribué à donner à ce sport, l'image d'une activité avant tout ludique, " on jouait à la pelote comme à la pétanque ou au tiercé ".